Peut-on, de nos jours, dissocier le milieu de travail de la performance? Pour assurer son existence, l’organisation doit maintenir sa rentabilité. Peut-être aura-t-elle à diversifier son offre pour se démarquer de la concurrence; revoir ses méthodes de travail; réduire ses effectifs… Une chose demeure : l’organisation valorise les employés qui travaillent sans compter, qui s’exécutent rapidement et qui, tout en étant débordés, se montrent toujours disponibles pour répondre aux demandes.

Les technologies à la rescousse!  Vraiment?
Les technologies, et leurs promesses, ont été accueillies favorablement dans les milieux de travail mais, avouons-le, ces mêmes technologies peuvent facilement devenir envahissantes.  Ne sommes-nous pas toujours à un clic de nos courriels? d’une requête de notre patron? de notre dossier chaud? Et, performance oblige, n’avons-nous pas tendance à répondre sur-le-champ, histoire d’éviter un coup de téléphone à midi, parce que nous n’avons pas donner suite à un courriel le matin… Et que dire des collègues? Ils n’y échappent pas non plus à voir leurs yeux rivés sur leur cellulaire lorsque vous traitez d’un sujet important en réunion.

Et les relations de travail dans tout ça?
Qu’on le veuille ou non, le stress et la fatigue que génèrent  la pression de la performance et l’hyperconnexion finissent par avoir des répercussions sur nos comportements. Certains se montrent irritables, impatients, alors que d’autres en proie à des accès de colère manqueront de tact et de respect envers les collègues. D’harmonieuses qu’elles étaient, les relations interpersonnelles deviennent conflictuelles… et entrainent la détérioration du climat de travail.

L’incivilité a un coût!
Toute manifestation d’incivilité devrait être prise au sérieux, gérée rapidement et efficacement. Nul ne peut présumer de l’ampleur que prendra un conflit déclenché par un « petit » commentaire déplacé… mais un tel conflit peut coûter cher!

Une étude de Porath et Pearson (2009) révèle que l’incivilité coûte 14 000 $ par travailleur par an en raison des retards dans les projets et des distractions cognitives au travail. L’incivilité non gérée a des effets néfastes. Qu’ils en soient les témoins ou les victimes, elle crée de l’inquiétude chez les employés; on pourra observer un plus faible engagement de leur part, un manque d’esprit d’équipe et de collaboration, un taux d’absentéisme plus élevé ou encore assister au départ de bons employés…

Un milieu de travail plus sain? C’est possible!
Comment fournir un milieu de travail dans lequel les employés s’épanouiront et s’engageront à contribuer au succès de l’organisation? Voici quelques pistes de réflexion pour le leader.

Votre organisation est-elle bienveillante? Vous le souhaitez et vous y travaillez… en prenant, par exemple, les mesures nécessaires pour contrer l’incivilité; en résistant à la tentation d’envoyer des courriels à vos employés peu importe l’heure ou le jour; en gérant adéquatement la surcharge de travail; en reconnaissant les efforts de vos troupes…

Contrairement à certaines croyances, l’incivilité et le conflit qu’elle fait naitre ne sont pas la responsabilité exclusive de l’individu : l’organisation a le devoir de revoir ses valeurs et certaines de ses pratiques.

Marie-Josée Drouin, CRHA
Présidente
Arima Conseils inc.